TCHANG-KIEN par Mr Pellier
« Tchang-kien obtint le titre de docteur pendant la période Kaï-youan, c’est-à-dire entre l’an 713 et l’an 724 de notre ère, sous le règne de Ming-hoang-ti. C’était un sectateur de la doctrine de Lao-tseu ; il avait étudié pour acquérir la science, mais non pour arriver aux honneurs. Aussi se retira-t-il loin de toute habitation, dans un pays demi-sauvage, où son esprit cherchant l’isolement et le calme ne fût distrait par aucun bruit. « Il était entré dans le tao (la raison suprême), dit un commentateur de ses ouvrages ; aussi ses vues furent-elles profondes et ses aspirations mystérieuses. L’élévation de ses pensées atteste la pureté de son cœur. »
http://afpc.asso.fr/wengu/Tang/Tout_40.doc
Une nuit dans la montagne
Ce sont les contemplations d’un poète qui regarde un lac sur lequel il y une barque et….où le temps vole
Mais il n’y a pas d’Elvire sur la barque et toutes les comparaisons avec le Lac de Lamartine s’arrêtent là.. Onze siècles et deux civilisations séparent les deux textes !!
Assis sur le versant de la montagne, je suivais des yeux une barque fragile,
Image de notre destinée, qui flottait, légère, sur les flots profonds.
Elle fuyait, mon regard la perdit ; elle se fondit dans le ciel immense,
Tandis que le soleil affaibli s’éteignait à l’autre horizon.
Tout ce qui se déroulait à ma vue rentra subitement dans le demi-jour d’une lumière indécise ;
Les derniers rayons du soleil n’illuminant plus que la cime des arbres et le sommet des rochers.
De scintillante et d’azurée qu’elle était, la surface des eaux devint de plus en plus sombre,
Bientôt quelques nuages rouges indiquaient seuls où l’astre brillant avait disparu.
Les îles du lac se détachent en noir sur les eaux tranquilles,
Auxquelles la réverbération du ciel conserve un reste de clarté ;
Mais déjà l’obscurité s’est appesantie sur les bois et les collines,
Et le rivage n’est plus qu’une ligne confuse pour mon regard impuissant.
La nuit vient, l’air est vif, il s’agite au loin ;
Le vent du nord élève durement sa voix sifflante ;
Les oiseaux aquatiques cherchent un abri sur la rive sablonneuse ;
Ils vont attendre l’aurore, blottis entre des roseaux.
La lune, qui s’est enfin montrée, se mire longuement dans la masse limpide ;
Je prends mon luth, compagnon de ma solitude : les cordes s’émeuvent sous mes doigts ;
Tandis qu’elles vibrent, pleurant ou chantant tour à tour, jetant au loin leur harmonie,
Le temps vole, et c’est la rosée pénétrante qui m’apprend l’heure avancée de la nuit.
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